Dimanche 4 février 2024 Feuille d’informations et Edito

Feuille d’informations – du 4 au 10 février 2024

C’est toi Seigneur notre guérisseur (cf. Ex 15, 26)

« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri » (cf. Mt 8, 8). Cette phrase que nous répétons au cours de chaque célébration eucharistique dit bien l’importance de la Parole de Dieu, car cette parole est profondément « guérissante ». En effet, quand nous lisons la Bible, et plus particulièrement l’Evangile, nous sommes frappés du grand nombre de guérisons de malades opéré par Jésus. Car le Seigneur veut nous sauver et nous aider à bien vivre, mais aussi car il est celui qui guérit son peuple (cf. Ex 15, 26).

Aujourd’hui, la maladie et la guérison relèvent plutôt de la science médicale, non pas parce que le Seigneur arrête de prendre soin des hommes, mais parce que nous pouvons contempler le Seigneur qui a créé l’homme à son image et à sa ressemblance et lui a assigné cette responsabilité de continuer ce qu’il a commencé. Nous constatons aujourd’hui l’amélioration et l’avancée de la médecine, nous ne doutons jamais de cela, mais force est aussi pour autant de constater que la maladie et les souffrances qui l’accompagnent continuent à placer l’homme dans une insécurité redoutable. La maladie contredit le désir de la stabilité et de la solidité qui habite tout homme, mais exprime également la fragilité de notre condition d’homme. Il suffit d’une bonne fièvre pour terrasser l’homme le plus fort et l’obliger à suspendre son travail. Toute maladie porte en elle un signe de la mort. C’est ce qui est arrivé à la belle-mère de Simon (Pierre) raconté par l’Evangile de ce jour (cf. Mc 1, 29-39).

Après avoir enseigné, en étonnant tout le monde et en libérant un pauvre possédé dans la Synagogue de Capharnaüm le jour du shabbat (Evangile du Dimanche dernier), Jésus et ses disciples (Jacques et Jean son frère) se rendirent chez Simon et André. Imaginons avec notre pratique aujourd’hui : c’est dimanche et après la messe dominicale, combien est chère cette rencontre de joie et de partage de chaque famille. Jésus ne fait pas exception de cela mais la chose ne se passe parfois pas comme on l’a prévue.  La belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre, elle qui aurait été censée servir ses hôtes. Et, voyons, « Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade », et tout de suite,  « Jésus s’approcha d’elle, la fit lever en lui prenant la main ». Il est important de contempler ce geste de Jésus devant la fragilité humaine : il s’approche, il franchit la distance et il nous prend par la main. Un geste particulièrement familier et amical, disons tout simplement un geste humain. Et cette familiarité renvoyait la belle-mère de Simon, après sa guérison, au service. Son anonymat nous renvoie à notre tour à notre service. Le Seigneur nous délivre de nos péchés et de nos maladies et il nous veut responsable.

Aussi, il faut remarquer que le verbe « se lever » que Marc utilise ici est le grec « εγειρε [égeiré] » qui signifie « ressusciter ». C’est-à-dire que cette guérison opérée par Jésus constitue un signe qui anticipe déjà sa résurrection, la finalité du salut des hommes. En effet, le salut des hommes n’est pas seulement la guérison transitoire d’une fièvre ou d’une quelconque maladie passagère. La finalité de notre salut c’est notre résurrection. Alors, si chaque sacrement est un geste du Christ, il est vrai qu’en prenant le Seigneur à chaque communion, c’est Lui qui nous prend par nos mains pour nous guérir de nos maladies et déjà nous faire participer à sa résurrection. Il nous a promis cela : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54). Et dans le dernier livre de la Bible, ce qui est également symbolique, Il est en attente de notre décision : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20).

Seigneur, par ton Corps, guéris notre cœur, guéris-nous de notre maladie, de notre égoïsme subtil, guéris-nous de ne pas Te mettre à la première place et de ne pas aimer servir les autres, guéris-nous d’avoir fermé nos yeux à la souffrance des autres, et de notre incrédulité.

Père Narindra Augustin

ANDRIAMANAMPISOA