Dimanche 28 janvier 2024 Feuille d’informations et Edito

Feuille d’informations – du 28 janvier au 3 février 2024

Unité dans la vérité et dans l’amour

 

Jésus a suscité l’enthousiasme de foules nombreuses. Il a aussi suscité aussi de nombreuses oppositions, parfois tenaces. Mais il y a un point sur lequel tous pouvaient s’accorder, autant ses disciples que ses adversaires, c’était la cohérence de sa personne. Ce qu’il disait, il le faisait. Sa grande force, c’était son unité intérieure, l’unité de sa personne. Non pas l’unité un peu monolithique de celui qui reste campé sur ses positions sans vouloir rien écouter, mais l’unité de celui qui vit dans la vérité, et qui a suffisamment confiance en la vérité pour rester sans cesse ouvert, à l’écoute des autres, assez souple pour comprendre les situations et y répondre.

La source de son unité intérieure, c’est sa relation filiale envers son Père. Il est Fils, et il s’en réjouit. Il agit dans une obéissance aimante envers son Père. Il demeure dans la communion que réalise l’Esprit Saint, il demeure habité par l’amour et nous fait entrer dans l’amour.

Le démon n’aime pas cela, car la présence de Jésus démasque ses mensonges. On l’appelle le diable, c’est-à dire le diviseur. Il est profondément divisé en lui-même. D’où vient sa division intérieure ? C’est qu’il refuse d’être une créature, il veut être son propre créateur, la source de son être. Il veut se suffire à lui-même. Il n’accomplit pas ce pour quoi il a été créé. C’est un ange, et les anges ont pour mission de louer Dieu, et d’être messagers de sa lumière (« ange » signifie messager). Aussi, il se cherche, sans se trouver. Non seulement il est divisé en lui-même, mais il divise autour de lui. Il cherche à éloigner les hommes de Dieu. Il détruit les personnes, comme l’illustre la scène d’évangile de ce dimanche. Ce pauvre homme dans la synagogue est habité par une force qu’il ne maîtrise pas, qui le divise et le détruit. Le démon détruit aussi autour de lui : les liens familiaux, rongés par la jalousie et le ressentiment, les liens sociaux, où l’on finit toujours par chercher la faute de tous les maux chez les autres, ou dans telle ou telle catégorie de la société.

Quand Jésus vient en ce monde, non seulement il appelle les hommes à la conversion – nous sommes familiers de ces enseignements de Jésus – mais aussi il vient chasser les démons. Cela est dit dès le début de l’évangile. Cette œuvre est beaucoup plus mystérieuse que sa prédication, mais elle n’est pas moins essentielle. Elle sera confiée aux apôtres au moment de leur envoi en mission (Mc 3,14-15). Il faut bien reconnaître que nous ne nous y arrêtons pas, car, marqués par le rationalisme ambiant, nous essayons de tout réduire à des phénomènes d’ordre purement psychologiques ou physiques. Or, nous nous rendons bien compte qu’il y a des réalités spirituelles qui nous échappent et que notre science, si utile et nécessaire qu’elle soit, ne suffit pas toujours à expliquer. L’Eglise, obéissant au mandat donné par le Seigneur, répond à cette réalité, par la vie liturgique, par l’accompagnement des personnes, et par le pouvoir d’exorcisme de l’évêque.

L’évangile de ce dimanche est pour nous comme un signal puissant qui nous ouvre à l’espérance. L’expulsion du démon du possédé dans la synagogue de Capharnaüm annonce une libération intégrale de l’homme que Jésus seul peut opérer, et qu’il vient effectivement opérer. Nous pouvons prendre part à cette œuvre du Christ en faisant la vérité dans notre vie, en nous engageant dans ce que l’on appelle le « combat spirituel », et en participant aux sacrements où, dans la foi, nous laissons le Seigneur agir en nous. Il vient réaliser l’unité, unité dans la vérité, et unité l’amour.

Père Henri de l’Eprevier