Feuille d’information du 24 au 30 mai 2026
Dans la plénitude de Pâques
Dans le monde Juif, la Pentecôte était à l’origine la fête de la moisson sanctifiée par l’offrande à Dieu des premiers fruits récoltés. On la célébrait le 50° jour après l’offrande de la première gerbe d’orge, c’est-à-dire la fête des Azymes. Ce chiffre 50 explique le nom venu du grec « pentecostè » ou cinquantième, employé dans les livres tardifs. A cette fête agraire vint rapidement s’ajouter une commémoration historique, celle de la promulgation de la loi au Sinaï et de la conclusion de l’Alliance.
Pour nous, la Pentecôte commémore bien sûr la « descente de l’Esprit Saint » sur les Apôtres et les premiers chrétiens, un événement central symbolisant la naissance de l’Eglise et qui clôt le temps Pascal.
L’Esprit Saint reçu comme un souffle, donne la vie que chacun reçoit pour lui-même.
Selon la catéchèse primitive, le Christ, mort, ressuscité et exalté à la droite du Père, achève son œuvre répandant l’Esprit sur la communauté apostolique. (Ac 2, 23-33). Elle est rassemblement de la communauté messianique en vue d’un témoignage à porter jusqu’aux extrémités de la terre.
Clôturant, après 50 jours, Pâques, la Pentecôte célèbre donc à la fois le fait historique de l’effusion de l’Esprit Saint sur les apôtres à Jérusalem, le baptême de l’Église et son départ missionnaire. Au moment de la montée de Jésus au Ciel voici ce qu’Il disait à ceux qui s’étaient réunis autour de lui : « … vous recevrez de la puissance quand l’Esprit Saint viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Les disciples de Jésus recevaient alors une mission universelle.
La confirmation nous plonge au cœur de la Pentecôte.
Appelé chrismation chez nos frères orthodoxes, la confirmation vient affermir notre foi et nous donner le courage d’assumer notre responsabilité de chrétiens. Nous qui sommes souvent timorés d’affirmer dans le monde notre engagement dans l’Eglise, revisitons la mission qui nous est confiée d’être des témoins et des acteurs qui répandent la Bonne Nouvelle, la répandre mais surtout la vivre, la développer, l’animer, la partager. Car si c’est toujours individuellement que l’on reçoit les sacrements comme le baptême, la confirmation, la confession…. ce don qui nous est fait personnellement ne nous isole pas, il ne nous autorise pas à nous fabriquer une spiritualité individuelle. Au contraire il nous agrège à un corps, le corps du Christ, dont nous devenons les membres, il nous relie les uns aux autres dans l’amour fraternel, il nous fait entrer dans une « communion ».
Que faire pour vivre de cet Esprit?
Discerner ! Si Dieu nous a donné une intelligence et une raison c’est pour nous en servir, pour peser le pour et le contre, pour mesurer ce qui est en jeu, pour garder une cohérence de vie et ne pas nous laisser mener par les modes du moment, par des slogans idéologiques ou encore du prêt à penser.
Pour mettre en œuvre cette ambition, on comprend mieux la nécessité de disposer d’une force, d’une puissance pour nous sortir d’un quotidien toujours plus connecté, souvent déréalisé. Il nous revient donc de rendre cette relation à l’Esprit active pour qu’il agisse sur nos existences, qu’il nous transforme et nous sorte de nos pensées uniques, de nos certitudes, parfois de notre ennui lorsque nous décidons de nous retirer, de nous exclure des communautés, amicales, familiales, ecclésiales.
C’est alors que l’on peut trouver la force et la puissance dans notre foi, dans la communauté, pour autant que l’on veuille et sache saisir cette opportunité.
La saisir, par la prière, par la participation aux sacrements, mais aussi par l’agir, en se rapprochant de toutes celles et ceux qui sont découragés, affaiblis, ou dans le besoin.
Notre entrée dans le temps ordinaire.
Ce « temps ordinaire » dans lequel nous entrons nous oblige. Il n’est pas un temps de repos, mais un engagement à la mission pour que notre Église rayonne et rapproche par son message, toutes celles et ceux qui en sont éloignés, par découragement, incompréhension ou ignorance.
Agissons et prenons notre part dans cette mission. Dans la joie de cette fête, demandons à l’Esprit Saint de renouveler notre cœur, de réveiller en nous ses charismes et d’être notre consolateur dans l’adversité.
Belle fête de la Pentecôte
Et que l’Esprit Saint vous guide et vous inspire.
Sylvain Thibon, diacre permanent
