Feuille d’information du 03 au 09 mai 2026
Là où je suis, vous y serez aussi

En ce cinquième dimanche de Pâques, l’Evangile nous nous replace au soir du Jeudi Saint. Pourquoi ce retour en arrière ? Ce n’est pas une marche arrière, mais une relecture : à la lumière de Pâques, les paroles de Jésus d’adieu de Jésus prennent tout leur sens. Elle tourne notre regard vers la demeure céleste où le Ressuscité nous prépare désormais une place : « Là où je suis, vous y serez aussi ! » (Jn 14, 13). Cette promesse, Jésus l’a confiée aux siens au terme de leur repas. Il prononçait ces paroles pour rejoindre les apôtres au cœur de leur détresse, et dans une atmosphère de profond bouleversement : Jésus vient d’annoncer la trahison de Judas, qui est sorti de la salle, dans la nuit extérieure (Jn 13, 21-30) … puis il a dit qu’il « s’en allait » et que ses amis ne pourraient pas le suivre où il partait (Jn 13, 31-36) … enfin, comble de l’angoisse, il prédit le reniement de Pierre pendant la nuit qui commençait ce soir-là, avant le chant du coq (Jn 13, 37-38). On comprend donc l’affreuse anxiété qui fracasse les cœurs des apôtres.
Dans le tumulte de notre existence, entre les urgences du quotidien et l’avenir incertain, cette Parole de Jésus resonne avec une sérénité absolue : « là où je suis, vous y serez aussi. » Il ne s’agit certainement pas ici d’un simple déplacement géographique, mais d’une véritable relation : être là où est le Christ, c’est habiter dans cette communion parfaite entre Lui et le Père. En effet, par notre baptême, nous avons déjà un pied dans cette demeure de Dieu, et croire en Jésus revient à laisser sa Parole habiter notre cœur d’une confiance absolue. Ainsi, face à l’inquiétude des apôtres comme à nos propres inquiétudes contemporaines, il nous répond : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Jésus n’est pas un guide montrant une carte, il est la route elle-même ; dès lors, notre existence n’est plus une course vers le néant, mais une certitude qui nous conduit vers Dieu.
La liturgie de ce cinquième nous invite à raviver notre espérance et ainsi à ne pas nous laisser enfermer dans les impasses de l’actualité. Quand Jésus dit : « Là où je suis, vous y serez aussi », par cette parole, il nous ouvre et nous offre la vie divine. Le but de notre vie se trouve en Dieu, comme le dit Saint Augustin : « Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi » (conf. I, 1, 1). Nous continuons de marcher alors vers la demeure de Dieu, là où est Jésus. Nous reconnaissons ainsi que notre Eglise ici-bas constitue le signe de cette « maison du Père » où chacun a sa place. Notre foi nous met en marche sur la même route que Jésus ; il nous y accompagne, comme il l’avait promis : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt 28, 20)
Père Narindra Augustin
