Feuille d’information du 10 au 16 mai 2026

Feuille d’information du 10 au 16  mai 2026

Viens Esprit saint, emplis nous de ton amour

 

On présente souvent saint Jean comme le plus jeune du groupe apostolique : il court plus vite que saint Pierre au tombeau, son tempérament fougueux se manifeste lors d’une déconvenue de Jésus à l’orée de la Samarie, et il est, selon la tradition, mort après les autres apôtres. Fougueux, mais aussi contemplatif : il reste jusqu’au bout, avec la Vierge Marie, au pied de la Croix. Et c’est lui qui, la veille, pendant le repas pascal, s’était penché tout contre le cœur de Jésus.

Saint Jean est sensible à l’amour de Dieu qui anime la communauté. Pour lui, l’Eglise est d’abord une communauté. Une communauté dont le cœur est l’amour que Jésus a manifesté jusqu’à en avoir le cœur transpercé. Tout son Evangile le dit.

L’axe central de son évangile, c’est la révélation de l’amour : l’amour de Dieu, l’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu. Il prononce cette parole fulgurante : « Dieu est amour ». Non pas « Dieu a de l’amour », mais « Dieu est amour », c’est-à-dire : il y a en Dieu de la relation. C’est une expression du mystère de la Trinité, qui est un mystère d’Amour.

Dieu a aimé les hommes : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils », et son amour rejaillit dans l’amour fraternel : « je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Voilà l’Eglise !

Cet amour ne suit pas seulement un mouvement « descen-dant » (de Dieu vers moi, et de moi vers les autres), car tout en étant gratuit (l’agapè est un amour gratuit), l’amour appelle une réponse. Il est unitif. Il y a donc aussi un mouvement « ascen-dant » de l’amour : il s’agit d’aimer Dieu. Jésus annonce sa mort sur la croix comme une « élévation », où il attirera tous les hommes vers son Père, dans l’élan de son amour. Pendant la Passion, dit saint Jean, il a aimé les siens jusqu’à l’extrême. Après la Résurrection, il demande à ses disciples de l’aimer en retour : « Pierre, m’aimes-tu ? ».

Si nous aimons le Seigneur, cela doit se traduire dans nos vies. « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ». On voit souvent les commandements comme des règles qui nous empêchent de vivre et d’être libres. Mais en réalité, nous avons appris dans l’Ancien Testament que si Dieu nous a donné sa Loi, par l’intermédiaire de Moïse, c’est pour que nous demeurions libres, et ne restions pas soumis à nos désirs immédiats qui peuvent nous enfermer sur nous-mêmes et nous opposer les uns aux autres. Les commandements que Dieu nous donne nous font entrer dans la charité, l’amour de Dieu, l’amour des autres.

Jésus assortit cet appel à garder ses commandements de la promesse du don de l’Esprit Saint, celui qui se caractérise justement comme Esprit d’amour : il est le lien mutuel du Père et du Fils, et il nous est communiqué pour que nous entrions à notre tour dans l’amour de Dieu. « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous ».

Autrement dit, si Dieu fait appel à notre responsabilité,  il ne nous laisse pas seuls, il nous anime de l’Esprit, le « souffle » (c’est le sens du mot « Esprit ») que le Père et le Fils échangent éternellement.

Cet Evangile que nous entendons reste actuel, bien sûr. Il nous est adressé à nous, paroisse Sainte-Anne. La vie paroissiale permet de vivre à notre mesure la charité qui, depuis les Apôtres, anime toute la communauté chrétienne.

Alors que nous allons entrer dans la neuvaine préparatoire à la Pentecôte, demandons à l’Esprit Saint de répandre en nous le don de l’amour, amour pour Dieu, et les uns pour les autres.

« Viens Esprit Créateur, descends en nous

Emplis notre cœur de ton amour ! »

Père Henri de l’Eprevier