Feuille d’information du 25 au 31 janvier 2026

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Notre Capharnaüm d’aujourd’hui

Dans la vie de Jésus, la géographie joue un rôle fondamental. On le voit tout au long de son existence : sa naissance à Bethléem, son baptême par Jean dans le Jourdain, sa montée vers Jérusalem, sa mort en dehors des portes de la ville, le rendez-vous donné aux disciples en Galilée après la résurrection… L’épisode dont nous parle l’évangile de ce dimanche nous transporte de la bourgade de Nazareth à la ville de Capharnaüm.

Jésus a passé les trente premières années de sa vie dans la petite ville de Nazareth, une ville assez pauvre, cachée derrière une colline, loin de toute voie de communication importante, dont l’Ancien Testament ne dit rien (l’archéologie, elle, atteste bien l’existence de la ville au 1er siècle). Sa vie à Nazareth a été une vie cachée. Après avoir rejoint Jean au bord du Jourdain pour être baptisé, et avoir été désigné par lui comme étant «l’Agneau de Dieu», c’est-à-dire porteur d’une mission de salut, il sort de l’anonymat et commence sa mission publique. De façon très significative, saint Matthieu nous rapporte qu’il «quitte» Nazareth pour «s’établir» à Capharnaüm, une ville peuplée, industrieuse et cosmopolite, située au bord du lac de Tibériade et sur une frontière, près d’une grande route internationale reliant la Mésopotamie à l’Egypte (la Via maris, ou «Route de la Mer»). Il s’y installe pour vivre «au cœur des masses» comme disait le père Voillaume. Il y rencontre toutes les souffrances, mais aussi tout simplement l’attente de ceux qui cherchent Dieu. Il répond à leur attente, à leur besoin d’être nourris, de trouver une espérance. Il se met à enseigner, consoler, guérir, chasser les démons. En un mot, il se rend proche de tous pour apporter le salut. «Ceux qui habitaient les ténèbres ont vu se lever une grande lumière» (Is 9, cité en Mt 4).

Il ouvre le chemin spirituel qui sera celui de toute l’Eglise, et de notre vie chrétienne : aller de Nazareth à Capharnaüm, en sachant revenir à Nazareth. Telle est notre «géographie spirituelle ». Pas de vie chrétienne sans «sortie» à la rencontre des autres pour porter la lumière de l’Evangile, sans la volonté de se rendre proche de chacun, y compris les plus éloignés. Tous doivent pouvoir avoir accès à la lumière de l’Evangile ; cela passe par des contacts personnels. C’est une exigence missionnaire. L’ouverture du concile provincial sur le catéchuménat et le néophytat ce dimanche nous rappelle que notre paroisse est notre Capharnaüm d’aujourd’hui. Le mot «paroisse » signifie «habiter à côté», «être proche de». Comme Jésus qui s’est installé dans la ville cosmopolite de Capharnaüm pour se rendre proche de chacun, il nous revient dans notre paroisse d’établir des contacts avec ceux qui ne connaissent pas Jésus, et de faire bon accueil à tous ceux qui le cherchent.

Et cependant, pas de mission sans enracinement dans la solitude de la prière. Il faut sans cesse revenir au silence de Nazareth par la prière, la méditation des évangiles, la proximité avec Jésus. Accepter le cœur à cœur avec Dieu dans le secret de notre âme. Les catéchumènes désirent rencontrer le Seigneur, il nous revient de leur en montrer le chemin.

Père Henri de l’Eprevier

 

Photo : borne milliaire de la Via Maris, à Capharnaüm