Dimanche 16 avril 2023 Feuille d’informations et Edito

Feuille d’informations – du 16 au 22 avril 2023

Quasimodo

 

Dans un précédent éditorial, je vous avais proposé de ne pas relâcher nos efforts pour vivre aussi intensément le temps pascal que celui du carême. Ainsi, après avoir vécu le sommet de l’année liturgique et somment de la vie chrétienne dans le triduum pascal, laissons-nous encore guider par la liturgie pour recevoir d’elle un très riche enseignement spirituel.

              Le dimanche qui suit la grande fête de Pâques est appelé « dimanche in albis » ou de façon plus familière « dimanche du quasimodo » du premier mot latin de l’antienne d’ouverture de la messe de ce jour.

Cette antienne « quasimodo » est tirée de la première lettre de saint Pierre : « Comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole qui vous fera grandir pour arriver au salut. » Elle évoque bien sûr les nouveaux baptisés de Pâques mais c’est bien chacun de nous qui devons vivre comme des « nouveau-nés ». La liturgie de l’octave pascale nous indique comment nous devons grandir, il suffit de relire les oraisons des messes de chacun des jours de la semaine. Nous y voyons d’abord l’action de grâce pour les nouveaux baptisés en particulier, et pour le renouvellement de la grâce baptismale dans la vie de tous les fidèles. Cette action de grâce s’accompagne de plusieurs demandes : grandir dans l’unité, professer une même foi, servir le Seigneur dans le monde et dans son Église par des actes de charité authentiques, vivre sans cesse l’alliance que Dieu nous propose, demeurer libre et nous réjouir de la résurrection. Ces intercessions ont pour but commun de demander au Seigneur les moyens de vivre de la vie éternelle dans le quotidien : parvenir à la joie du ciel dont nous exultons déjà sur terre.

Le carême nous a préparés à renaître dans les eaux du baptême, le temps pascal nous aide à grandir en désirant ce lait nourrissant que le Seigneur nous donne dans sa grâce. Si l’apôtre Pierre nous invite à être comme des enfants nouveau-nés, c’est pour que nous nous réjouissions de cette nouvelle naissance et repartions sur de nouveaux chemins en laissant le Seigneur faire toutes choses nouvelles en nous. Le carême nous a montré ce qui, en nous, ne pouvait que vieillir sans porter du fruit, le temps pascal remet la vie devant nous pour grandir dans la joie. Le carême nous a invités à nous retirer dans une plus grande intimité avec le Seigneur, le temps pascal nous fait sortir dans la joie pour avancer à la suite du Christ qui nous précède. Si nous n’acceptons d’être comme des enfants nouveau-nés, nous nous privons de la joie de naître. Pâques ouvre un nouveau chemin devant nous, ne soyons pas timides. Souvenons-nous de nos rêves d’enfants, notre imagination était sans limite, nous visions haut et grand, rien ne nous arrêtait, nous pensions que tout serait alors possible. Ne rangeons pas trop facilement ces folles espérances de notre enfance. Le Seigneur ne nous donne pas sa vie pour que nous vivions à moitié, recroquevillés sur nous-mêmes mais pour que nous grandissions dans son amour et dans la joie d’aller vers ce monde. Être comme des nouveau-nés c’est rayonner d’une espérance. Tout est de nouveau possible : quelle joie !

 

abbé Sébastien Courault